Protestants : L’Union veut harmoniser les deux Églises

Lundi 19 Novembre 2007 

Pendant deux jours, les responsables de l’Union des Églises protestantes d’Alsace-Lorraine se sont retrouvés au Liebfrauenberg, dans le nord de l’Alsace, pour lancer les bases d’un projet commun.

 « Ce n’est pas un hasard si solidité et solidarité vont de pair. Nous n’avons pas à craindre ce qui nous attend. Au-delà des petites frontières, il y a un beau territoire », a conclu Jean-François Collange, président des Églises protestantes d’Alsace-Lorraine (EPAL), à l’issue de l’assemblée de l’Union, la troisième depuis sa constitution au printemps 2006. Ses membres se sont penchés sur un texte, « L’Église : un projet à partager », destiné à harmoniser les cultures des deux églises, luthérienne et réformée.

Développement durable

 « Nos Églises ne manquent ni de talents ni de ressources, mais leur témoignage souffre souvent d’un défaut de sentiment d’appartenance commune », avait souligné son auteur, Jean-François Collange. Le document sera envoyé, début 2008, aux paroisses qui pourront le retravailler et faire « remonter leurs réflexions » d’ici septembre prochain.

Dans la perspective des Assises du protestantisme à Strasbourg, le 1novembre 2009, le président de l’EPAL avait proposé la création d’« une semaine du protestantisme » adossée à la fête de la réformation, fin octobre. L’assemblée a accepté aussi l’idée d’« un dimanche consacré à la création », en écho au Grenelle de l’environnement, défendue par le vice-président réformé Geoffroy Goetz. Les paroisses seront invitées à inscrire leurs travaux dans le développement durable.

En revanche, le texte sur « la fonction pastorale », rappelant qu’ « être pasteur, c’est une vocation, mais aussi un métier », a suscité des interventions mitigées et même carrément critiques s’agissant de l’allusion à des « fautes graves ». Quant à « la liste des activités à mettre en œuvre et les compétences nécessaires pour les accomplir », elle a troublé plus d’un intervenant. À tel point que Jean Weber, vice-président luthérien, a proposé la réécriture du document.

Le texte traitant d’un autre sujet sensible, à savoir les relations avec les Églises évangéliques - environ 185 communautés dans les trois départements - n’a pas été avalisé par l’assemblée. Son président a proposé d’ « évaluer les expériences en cours » entre paroisses luthéro-réformées et évangéliques, et d’ « étudier les modalités d’une collaboration possible ». Comme a ironisé un pasteur, il s’agit de « déterminer les Églises qui sont fréquentables et celles qui ne le sont pas »

Yolande Baldeweck 

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