III. Le protestantisme français dans la dynamique européenne 

Regardons ce qui se passe chez nos proches voisins … et un peu plus loin. 

A. Quelques exemples en Europe 

En Allemagne :
Sur les 23 Églises qui composent l'Église évangélique en Allemagne (EKD) 13 sont des unions luthéro-réformées.

En Italie :
L’Assemblée baptiste et le Synode des Églises méthodistes et vaudoises ont signé en 1990 un accord de reconnaissance réciproque. Il dépasse les divergences passées sur la pratique baptismale et l’organisation ecclésiale en insistant plus sur les fondements bibliques que doctrinaux.

Aux Pays-Bas :
Le 1ER mai 2004 marquait la naissance de l’Église protestante des Pays-Bas après quarante années de gestation. C’est dans les années 60, que deux Églises réformées, Netherlands Reformed Church et Reformed Church in the Netherlands, décidèrent d’entrer dans un processus d’unification, communément appelé Together on the way – Ensemble en chemin. Des décisions fondamentales sont prises en 1980 puis une Déclaration d’accord votée par un Synode commun en 1986. Celle-ci exprime un accord sur les principales questions ecclésiologiques qui divisaient les Églises. L’Église évangélique luthérienne aux Pays-Bas, décide alors de se joindre au processus. La Concorde de Leuenberg fournit une solide base pour cette nouvelle étape. Dans les années 90 des décisions importantes sont prises concernant les disciplines des Églises, pour permettre l’unification des trois Églises. Des années de discussions seront nécessaires pour régler les questions légales. Ce processus aboutit en 2004.

Le cas de l’Alsace-Lorraine :
Après de multiples tentatives débutées en 1850, l’Église réformée d’Alsace et de Lorraine et l’Église de la Confession d’Augsbourg d’Alsace et de Lorraine, ont regroupé leurs structures par la création d’une Union d’Église intitulée Église Protestante d’Alsace et Lorraine, concrétisée en mai 2006 à Strasbourg.
À l’origine ces deux Églises furent créées par les articles organiques de 1802 et maintenues en vigueur lors du retour des trois départements alsaciens-mosellans au sein de la République française. C’est donc le Premier ministre Dominique Villepin qui a ratifié cette décision prise par les Assemblées des deux Églises à la suite d’un long processus de consultation des paroisses. Elles partageaient déjà des services communs (catéchèse, mission, formation, communication), mais cette nouvelle union favorise une meilleure représentativité de son autorité pour conduire des actions communes et renforcer les liens entre les deux organismes. L’Église protestante réformée d’Alsace et de Lorraine restera cependant membre de l’Alliance réformée mondiale et l’Église Protestante de la Confession d’Augsbourg d’Alsace et de Lorraine continuera de faire partie de la Fédération luthérienne mondiale.

Le projet de création d'une union des deux Églises protestantes d'Alsace et de Lorraine est adopté

De la cohabitation à l’union, Ecaal-Eral : retour sur une histoire commune 

UEPAL : Ordination commune 

B. Au plan international  

Le groupe de travail mixte luthéro-réformé de l’Alliance réformée mondiale et de la Fédération luthérienne mondiale a achevé ses travaux en 2001. Son rapport, intitulé « Appelés à une communion et à un témoignage communs » a été publié en 2002 et présenté la même année au Conseil de la FLM à Wittenberg (Allemagne).

Des représentants des Églises réformées et luthériennes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord ont signé en janvier 2006 un accord historique de pleine reconnaissance mutuelle qui les met en communion dans les domaines du baptême, de l’eucharistie, de l’ordination et de l’échange de chaire.