II. L'aboutissement d'un processus de près de 40 ans

II. L'aboutissement d'un processus de près de 40 ans

Inspirées par la Concorde de Leuenberg, les Eglises luthériennes et réformées ont cheminé côte à côte au sein du Conseil permanent luthéro-réformé.

 I. Préambule

L’esquisse d’une union du protestantisme français apparaît dès 1960 à la suite des Assemblées générales de la Fédération protestante de France à Montbéliard qui proposent « La création d’une Église évangélique de France ». Elle regrouperait les quatre Églises, luthérienne et réformée de France et d’Alsace et Lorraine. Le vœu de l’Assemblée générale de la FPF à Colmar en 1966 est d’encourager « les quatre bureaux à poursuivre le plus rapidement possible la réalisation de l’Église évangélique de France en associant à leurs travaux, Institutions Œuvres et Mouvements, dans le respect du concordat spécial à l’Alsace et à la Lorraine ». Dans ce sens Liens : en 1968, trois thèses de Lyon sont rédigées pour définir les éléments d’une base commune. Mais cette esquisse d’Union ne verra pas le jour dans un contexte de crise politique et sociétale. Ces thèses ont cependant instauré un dialogue entre luthériens et réformés français avec la création du Conseil Permanent luthéro-réformé (CPLR) et ont contribué à préparer la rédaction de la Concorde de Leuenberg, fondement théologique de l’unité des Églises luthériennes et réformées. (Pasteur J.-A. de Clermont, IXe Assemblée commune du Conseil Permanent luthéro-réformé d’octobre 2006).

A. La CEPE - Communion ecclésiale de Leuenberg  

La Concorde de Leuenberg : Signée le 16 mars 1973, elle marque un tournant significatif dans les relations entre Églises luthériennes et réformées d’Europe.

Elle s’appuie sur les résultats de précédents colloques théologiques aux Pays-Bas, en Allemagne et en France. La Concorde de Leuenberg met fin aux conflits qui opposaient les Églises signataires depuis le XVIe siècle, en particulier à propos de la cène. Elle est la condition de la réalisation d’une authentique communion ecclésiale, d’une communion de chaire et d’autel (Parole et Sacrement) fondée sur une foi confessée en commun. Le consensus recherché vise les points centraux de la foi : la compréhension de l’Évangile, fondée sur la doctrine de la justification gratuite, en tant que message de la libre grâce de Dieu et celle des sacrements. La Concorde comme modèle d’unité ne prétend nullement être une nouvelle confession de foi qui remplacerait celles du passé. Dépassant le « confessionnalisme » et refusant l’« unionisme », tout en restant fidèle aux confessions de foi du XVIe siècle, elle fait figure de modèle pour les discussions œcuméniques. Cette fidélité aux textes fondateurs est essentielle pour les luthériens qui voulaient préserver la « dimension universelle » de leur confession. Après la signature, la seconde étape est sa réalisation qui apparaît plus longue et difficile, entre autres par des freins culturels, géographiques, qui sont autant de facteurs non-théologiques pouvant être déterminants. Actuellement 105 Églises appartiennent à la Communion d’Églises Protestantes en Europe (CEPE), signataires de la Concorde.

A lire sur le site de La Communion d'Eglises protestantes en Europe (CEPE) :

• Histoire, Théologie, Fonctionnement. Une voix protestante pour l’Europe.

• Le Texte de la Concorde.  

B. La Communion protestante luthéro-réformée 

Depuis sa création en 1972, Le Conseil permanent luthéro-réformé a travaillé sans relâche au rapprochement des Eglises luthérienne et réformée, dans le domaine très concret de la formation, au plan théologique et œcuménique…

Rappel de Liens : ses origines, son organisation, ses axes de travail

1. La CPLR enquête en 1993 sur les relations entre luthériens et réformés français  

9 Assemblées Communes des Eglises luthériennes et réformées ont eu lieu depuis 1975 avec pour thèmes successifs : « Vivre ensemble », « Le repas du Seigneur », « Baptême, Eucharistie, Ministère » (Document de Lima, COE), « Eglises et Droits de l’homme », « Grandir dans la communion », « Former pour témoigner », « Nos paroles et nos actes dans l’espace public ».

Nous nous arrêtons ici sur l’Assemblée de Dole (du 15-17 oct. 1993) parce qu’elle fut l’occasion d’une enquête sociologique menée par Jean-Paul Willaime qui permettait de faire le point sur l’état des relations entre luthériens et réformés : les regards croisés des uns sur les autres… parfois savoureux… et au bout de compte un brassage très stimulant. Une enquête que nous n’avons décidément pas résisté à vous remémorer !

2. Au sein de la CPLR, luthériens et réformés travaillent ensemble  

La formation initiale et continue des pasteurs, la formation catéchétique des laïcs, les grands débats de société qui questionnent nos communautés, sont autant de domaines où le travail commun se fait depuis déjà longtemps :

L’Institut protestant de théologie. Dans un entretien récent Nicola Stricker, professeur de dogmatique, revient sur le rôle de l’Institut Protestant de théologie dans le rapprochement luthéro-réformé.

La Formation permanente des pasteurs

Point KT - Portail d'information et d'échange catéchétique (en partenariat avec le Conseil des Eglises suisses romandes)

La mise en œuvre de la Consultation Nationale sur l’Homosexualité dans l’Eglise

3. La CPLR sert la cause de l'oecuménisme  

Le théologien Gill Daudé, responsable du Service Œcuménique de la Fédération protestante de France décrypte les enjeux de l’union luthéro-réformée en France.

Le pasteur Geoffroy Goetz, nouveau président, nous expose les grandes orientations de ce qu’il faut désormais appeler la Communion protestante luthéro-réformée.

Et Michael Bünker, secrétaire général de la Communion de la CEPE, plaide pour un renforcement de la coopération régional des Eglises luthériennes et réformées en Europe.